Fréquemment employée, cette répartie permet d'écarter d'un revers de main des approches gênantes telles que l'homéopathie, l'hypnose, la sophrologie et bien sûr le langage des dents et son application le décodage dentaire.
C'est une des raisons qui fait que le langage des dents n'est pas près, à mon avis, d'être enseigné à la faculté dentaire. C'est bien dommage car cela éviterait peut-être de produire des générations de dentistes mécaniciens du vivant, travaillant dans une logique mécaniste à remplacer des dents par des vis métalliques (entendez des implants).
À tous mes confrères et distingués ondontologistes (nom savant pour dentiste), je dirai simplement ceci: vous qui pensez tout expliquer au nom de votre sacro-sainte science, n'êtes même pas capables d'expliquer la répartition des caries chez un patient donné.
Je m'explique. On nous rabâche, et vous les premiers, que la carie est un trouble provoqué par l'action conjuguée du sucre et des bactéries, point barre. Si ce sont là les seuls facteurs à prendre compte, comment se fait-il que la carie dentaire ne touche pas toutes les dents d'une même bouche dans une proportion égale à celle des dépôts sucrés ? Comment expliquer que des dents saines soient au contact de dents détruites par la carie? Comment expliquer ce phénomène que j'ai maintes fois observé: une dent cariée sur sa face proximale (côté de la dent) au contact d'une autre face proximale parfaitement saine ?
Oseriez-vous affirmer pour expliquer ce phénomène, pour le moins surprenant et néanmoins fréquent, que les conditions biologiques (sucres et bactéries) dans l'espace interdentaire que forment ces deux dents n'est pas rigoureusement le même ?
Ne vous en déplaise, la carie n'obéit pas à une loi mathématique: sucre+bactéries=carie, ainsi que vous avez essayé de nous le faire croire. Ainsi nous, dentistes, sommes chaque jour devant un mystère toujours inexpliqué par notre sacro-sainte science : certaines dents s'abîment et d'autres restent indemnes pour des raisons qui nous échappent.
Mais ce mystère, tout "odontologiste" qui se respecte feint bien entendu de l'ignorer. De même, tout bon dentiste feint d'ignorer qu'il soigne chez un patient donné toujours les mêmes dents et que les dents les plus exposées à la plaque bactérienne ne sont pas celles qui se carient le plus.
Ce phénomène, le langage des dents l'explique avec une évidente et lumineuse simplicité. La carie est un trouble qui débute de l'intérieur (entendez de la pulpe ou nerf), sous l'action du stress, comme l'explique Estelle Vereeck dans cet article dont je conseille la lecture à tous les "scientifiques" de la dentisterie: origines psychosomatiques de la carie dentaire.
Ces connaissances, tout dentiste les apprend au cours de son cursus. Et pourtant, combien en tirent les conclusions qui s'imposent ? Sucres et bactéries ne sont que des révélateurs d'une fragilité préexistante au phénomène carieux.
Le terrain psychologique influence profondément la résistance des dents aux agresseurs extérieurs que sont les acides produits par les bactéries buccales. La carie est une maladie sélective qui ne touche que les dents les plus fragiles. À ce titre, elle est un révélateur privilégié de notre vécu. C'est tout l'objet du langage des dents que d'en expliquer le sens. Car sens il y a.
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